Le Pouvoir – de Naomi Alderman

De qui ?

Britannique, Naomi Alderman est écrivain et créatrice de jeux vidéos.

C’est quoi ?

Un roman.

En gros : des mutations génétiques (liées à des empoisonnements de nappes phréatiques post 1945) procurent à l’intégralité des humains de sexe féminin l’aptitude d’activer un fuseau d’électricité présent dans leur corps (si) — telles nos ancêtres commun. e. s les raies manta et autres anguilles électriques. Le fuseau électrique en question est niché dans la clavicule de « toute une chacune ». Cette nouvelle puissance électrokinésique fait donc de la femme (et exclusivement de celle-ci, à peu d’exceptions près) un être capable d’envoyer des décharges via sa petite paume — à la manière de Spiderman, quand il crache sa soie par le dessous du poignet… sauf qu’il s’agit d’électricité.

Dans Le pouvoir, le lecteur suit, essentiellement, les pérégrinations de trois personnages, dont les destins basculent dans un « nouvel ordre mondial », telles de petites boîtes de conserve négligemment jetées dans un immense vide-ordure : exactement de cette façon-là.

Pourquoi lire ?

  • Parce qu’il y est question, pour une fois, de vraie sororité : au sens profond du mot, de ce en quoi cela consiste (rait)
  • Parce qu’Alderman, fille d’un grand historien, construit son récit à la façon d’un roman historique : minutieuse, scientifique, précise
  • Parce que l’ouvrage pousse à réfléchir (vraiment) à propos de ce qu’est le pouvoir, concrètement : quel que soit celui ou celle qui le détient, les conséquences de son exercice finiront toujours par devenir problématiques (dangereuses, oppressantes, etc.) pour celles.eux qui y sont étranger
  • Parce que, justement, cette réflexion sur le pouvoir, la force physique, l’évolution pure et simple de l’être humain et les enjeux liés à sa survie – plus les allégories autour de ce qu’il représente, ce la forme qu’il prend (ce pouvoir)… la métaphore de l’arbre, la toile d’araignée (Spiderman ? Encore ?) — tout ça vaut le détour
  • Parce qu’Atwood (La Servante écarlate) est TRÈS citée, en tant que référence absolue et ultime d’Alderman (partout)
  • Parce que les bons romans d’anticipation (et/ou dystopiques — genre sous-coté par excellence) nous font voir notre monde comme jamais (Ubik1984La nuit des temps… impossible de tous les citer)
  • Parce que les échanges de courriers, à la fin, entre la relectrice et son auteur valent leur pesant de cacahuètes
  • Parce que le pouvoir est, ici, « donné » [elles ne l’ont pas acquis, conquis] aux femmes et que c’est peut-être dans ce détail-là, précisément, dans le fait même qu’elles accèdent soudainement à une forme de supériorité physique qui leur permet d’avoir toujours le dessus et d’inspirer la crainte que se loge la part la plus importante de merveilleux, d’extraordinaire, de science-fiction…
  • Parce que la mise en scène de la fachosphère, des théoriciens du complot, des forums de discussions, des « anti-féminazis » est rondement menée par l’auteure
  • Parce que dans le roman, Dieu est une femme [comme Alanis Morissette dans Dogma…]

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